Réseau des cégeps et des collèges
francophones du Canada

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Avis présenté devant la Commission Bernard Lord

Les défis rencontrés

Assumer ce double mandat entraîne de nombreux défis que doivent relever les collèges francophones en milieu minoritaire.

Masse critique

Cette notion de masse critique est une pierre d’achoppement qui menace la mise en place et l’offre soutenue de programmes collégiaux dispensés en langue française partout au pays.

Le bassin potentiel d’un collège francophone en milieu minoritaire comprend une population relativement limitée souvent dispersée sur un immense territoire. À cause du petit nombre d’institutions francophones (quand elles existent), les francophones, menacés d’assimilation rapide, sont attirés par les collèges anglophones plus près de chez eux. Il faut donc un plan de marketing agressif et des investissements importants pour mettre en place des stratégies de communication et de recrutement qui rejoignent ces clientèles potentielles.

Pour qu’un collège assure la qualité des programmes qu’il offre, il faut qu’il réussisse à atteindre un seuil d’inscription (une masse critique) qui rende le programme financièrement viable. Ce seuil ne peut évidemment pas ├¬tre mesuré à la m├¬me aune que celle utilisée pour les collèges anglophones qui ont un bassin potentiel beaucoup plus étendu.

La nécessité de répondre aux exigences d’un marché du travail complexe et varié impose aux collèges d’offrir une vaste gamme de programmes. Puisque sa population est restreinte, les étudiants se répartissent entre tous les programmes offerts. Il en résulte de très petits groupes qui génèrent un co├╗t per capita plus élevé que celui des collèges anglophones.

Puisque, le financement des collèges francophones en milieu minoritaire n’est pas suffisant, il devient difficile pour eux de garantir que tous les cours seront dispensés ou qu’un programme annoncé démarre. Conséquemment, plusieurs étudiants francophones s’inscrivent à un collège anglophone o├╣ les risques d’annulation sont beaucoup moindres.

Voilà ce qui explique la migration croissante de francophones vers les institutions anglophones pour les programmes postsecondaires autant que pour l’apprentissage.

Dans un contexte d’une assimilation galopante, on ne peut suffisamment réitérer l’importance de créer un milieu de vie dynamique o├╣ les francophones, jeunes et adultes, sont en mesure de vivre en français. Pour tout le collégial en milieu minoritaire, ce défi est de taille.

Accès

Pour accroître l’accès aux études postsecondaires en français, il faut que les collèges francophones en milieu minoritaire permettent l’accès au plus grand nombre de personnes et au plus grand nombre de programmes de formation. Or cet accroissement de l’offre ne peut se faire qui si les collèges reçoivent un financement adéquat c’est-à-dire un financement basé sur leur situation particulière de collèges francophones oeuvrant en milieu majoritairement anglophone.

Or, dans plusieurs provinces, ils sont financés comme les collèges de la majorité sans tenir compte de leur double mandat ni du fait qu’il en co├╗te plus cher pour opérer un collège francophone dans un environnement anglophone. C’est à cause de cela que des torts leur sont souvent faits.

Enfin, et c’est malheureusement le cas dans plusieurs provinces et territoires canadiens, les finissants du secondaire francophones ne peuvent pas suivre une formation collégiale dispensée en français parce qu’il n’en existe pas qui soit offerte dans leur région ou dans leur province. La conséquence évidente est que ces francophones s’inscrivent dans une institution anglophone (ce qui accélère leur assimilation) ou bien qu’ils migrent vers une province qui offre la formation qu’ils désirent acquérir pour ne jamais revenir dans leur province ou territoire d’origine. Il en résulte un affaiblissement des communautés francophones les plus vulnérables.

La capacité de contribuer

Divers programmes de soutien offerts par le Gouvernement fédéral sont basés sur une contribution à part égale provenant des instances provinciales, territoriales ou locales. Or, dans de nombreux cas, les ressources disponibles à ces niveaux ne permettent pas de profiter de ces occasions de financement car les instances locales ne disposent pas toujours de la contribution requise par les exigences des programmes de soutien.

Le résultat en est que les petites communautés sont défavorisées comparativement à celles qui ont suffisamment de ressources pour tirer avantage de ces programmes.

Les attentes de la communauté

À cause de leur double mandat, les collèges francophones ou les organismes qui dispensent de la formation collégiale en milieu minoritaire sont un pilier de la communauté. Ils sont sollicités pour participer à toutes sortes d’activités ou d’événements qui drainent leurs ressources. Il n’est pas surprenant de constater que les attentes d’une communauté francophone à l’égard de son institution soient élevées et que la participation aux activités sociales, culturelles et économiques soit exigée. Malheureusement, le financement et les ressources dont ces institutions disposent limitent leur capacité d’action, ce qui souvent crée des ressentiments qu’il faut aussi gérer.

Le réseautage

Un collège francophone est souvent le «┬ádernier né de la famille┬á». Il doit concurrencer ses «┬ágrands frères┬á» qui ont une (ou plus d’une) longueur d’avance sur lui en ce qui concerne les réseaux de contacts parmi le monde des affaires, les industries bref, les employeurs en général. Cette difficulté est accrue par le fait que la grande majorité des employeurs est anglophone et qu’il faut la convaincre de la plus value qu’apporte la formation en français.

Le développement

Depuis de nombreuses années, presque partout au Canada, la population anglophone jouit d’un réseau de collèges offrant une très large gamme de programmes et de services. Ces institutions très bien réseautées collaborent à la mise en ┼ôuvre de programmes de qualité qui répondent aux besoins du marché du travail. Gr├óce à eux, la population anglophone contribue pleinement à l’économie du savoir.

Le collégial francophone pour sa part, n’en est qu’à ses débuts.

Un réseau pancanadien d’institutions de niveau collégial de langue française commence à peine à se mettre en place dans un contexte de reconnaissance plus ou moins grande par les diverses provinces et territoires des droits constitutionnels des communautés de langue officielle, dans un contexte de juridiction provinciale en éducation, d’éloignement géographique important, de pénurie de professionnels francophones ou bilingues capables de dispenser de la formation collégiale en français, dans un contexte de pénurie de ressources didactiques en français et de sous financement chronique.

Les francophones du pays ont droit à une éducation en langue française de qualité égale à celle des autres Canadiens. Ils ont droit à une m├¬me diversité de chance, d’apprendre le métier, la technique ou la profession de leur choix, que celle qui est offerte à leurs concitoyens anglophones.

Pour que les collèges francophones puissent dispenser une formation de qualité et variée répondant aux besoins des citoyens et du marché du travail, il faut qu’ils bénéficient d’un système de financement qui tienne compte de leurs différences, des conditions dans lesquelles ils opèrent, des co├╗ts additionnels occasionnés par leur fonctionnement dans un environnement majoritairement anglophone et de leur double mandat.

Prochaine┬á: Des pistes à explorer pour la stratégie gouvernementale

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